Témoignage de Pierre Monnier

dimanche 16 juin 2019
par  André
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Nous étions condisciples, Charles Zoll, le plus jeune, d’un an plus âgé que moi, en 2ème Classique à Saint-Jo.
La fin prématurée et brusquée de l’année scolaire 43-44 survint début Juin, dans la foulée du débarquement de Normandie du 6 Juin.

Dans la précipitation, le frère Stanislas distribuait à tout-va l’énorme stock de "biscuits vitaminés" qu’il concédait d’habitude à l’unité à chacun de nous.

"Zoll" -car nous ne nous appellions que par nos noms de famille- avait été très évasif sur ses projets d’été.

Et ce n’est qu’à la rentrée très tardive, fin Octobre, dans un St-Jo ravagé par une énorme explosion, que j’ai appris son engagement et sa mort héroïque.

Jacques et Charles Zoll étaient les deux fils d’un négociant en cuirs de la rue Monge.
Les frères Zoll étaient parmi les très rares élèves de religion
protestante, et comme tels, n’assistaient pas aux offices religieux
hebdomadaires, les jeudi et dimanche matins, où toute l’École
convergeait vers l’immense chapelle, en rangs et par classe.

Le frère Romain, très touché, avait fait éditer une carte souvenir avec les photos des quatre élèves tués au Maquis de Voisines.

Pierre Monnier


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