Naissance de l’amicale

samedi 23 février 2008
par  Georges Thivilliers
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Que sont devenus les élèves sortis des écoles des frères depuis leu origine en 1705 à Dijon où sur le parvis de l’église Saint Pierre, une école gratuite de la charité, reconnue d’utilité publique ouvrait ses portes.

Cette interrogation, lancée au cours d’une conversation entre le frère Pol de Leon et deux anciens condisciples, Mr Francis Clairin et Théophile Cagniant ; déclenchait une réflexion, concrétisée le 17 novembre 1872 par une réunion générale convoquée dans les locaux de l’établissement rue Berbisey.
Les archives, conservent le compte rendu du déroulement de la rencontre, suivie l’année suivante le 4 mai 1873, d’une seconde assemblée où furent définis les buts de l’organisation de l’association. Qui servirent d’ailleurs de modèle à de nombreuses sociétés du même type.

L’amicale des anciens élèves des frères des écoles chrétiennes de Dijon était née.

Relire les textes fondamentaux nous apporte aujourd’hui un reflet éclairant de l’esprit de l’époque, de la profondeur de la foi et des ambitions des instigateurs de cette innovation.

Compte rendu de l’assemblée générale du 17 novembre 1782 (89 participants)

Au rythme des années, les Bulletins ont été reliés en une série de volumes où le lecteur peut suivre l’évolution de l’Ecole, les conditions de vie des élèves, les études et les vicissitudes de certaines époques troublées.

ASSEMBLEE GENERALE

Au commencement de l’hiver qui vient de s’écouler, quelques anciens élèves du Pensionnat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Dijon, s’unissant dans une commune pensée d’amitié, voulurent provoquer une réunion de leurs camarades d’études. Ayant consulté le cher Frère Pol de Léon et obtenu bien facilement de lui que le pensionnat serait le lieu des rendez-vous, les convocations furent lancées, le résultat ne s’est pas fait attendre.

Le dimanche 17 novembre 1872 a eu lieu cette première réunion. Le matin a 9 heures, le bureau d’inscription était installé et commençait immédiatement à fonctionner, voici les noms inscrits dans l’ordre où ils se sont présentés au bureau :

1, Dutairtre Jules
2. Clairin Francis
3. Bertrand Eugène


86 L’abbé Chanson

87 Renard
88 Aubelle Eugène

En arrivant, chacun cherchait à retrouver ses camarades d’étude. Pour beaucoup, c’était difficile, la séparation datait de si loin ! mais quand on s’était reconnu, quelle joie, quel plaisir ! Que de choses on avait à se dire, à se demander ! Les souvenirs d’enfance, toujours si doux, remplissaient les cœurs et on ne tarissait pas de se les rappeler. Ces quelques moments nous ont paru bien courts. A 10 heures et demie, tout le monde s’est rendu à la chapelle où le Révérend Père Bayonne, des Frères Prêcheurs a célébré la messe. Les élèves de pensionnat ont fait à leurs aînés, la gracieuseté d’un chant religieux et patriotique parfaitement exécuté. Après l’Evangile, le R.P Bayonne nous a dit en quelques mots, combien est aimable et puissant ce lien qu’on appelle l’amitié, c’est le plus doux ornement de la vie, le plus fort soutien de l’homme sur la terre. Qu’il s’appelle amitié de classe, amour maternel ou amour divin, il est toujours suave et sublime. Il fait naître dans l’âme les plus tendres penchants et y développe les plus nobles facultés : il éloigne du cœur l’égoïsme cet ennemi de toute morale et met à sa place, le dévouement et la charité.

A l’élévation, notre camarade Pallegoix Xavier a chanté avec beaucoup de sentiment un « 0 salutatis » de Lefebvre.

Pendant ces cours instants à la chapelle ; chacun de nous a pu y retrouver ses impressions et ses joies d’enfance. Que de pensées et d’aspirations secrètes, les Anges du Saint Lieu ont écoutées et reçues.

Après l’office, nous nous sommes rendus à la salle de réunion du matin. Là, a été procédé à l’élection d’un président ; le choix général s’est porté sur Monsieur HEBERT, doyen des anciens élèves alors présents.

Les gaies conversations qui avaient recommencé ne tardèrent pas à tomber peu à peu : il était visible que tous les estomacs demandaient leur part de la fête aussi l’annonce du déjeuner a-t-elle été saluée comme une bonne nouvelle.

On s’est immédiatement groupé en petits cercles de façon à se trouver, comme autrefois au réfectoire avec des figures aimées et connues.

Le déjeuner était servi dans la salle de réunion du Pensionnat : la table enfer à cheval et au milieu, une table plus petite. Au centre de la grande table, le Président a pris place ayant à sa droite le R.P Bayonne et à sa gauche, le cher Frère Pol de Léon ; à la droite du P. Bayonne, se trouvait le cher Frère Namphase, ancien directeur du Pensionnat. Les autres tables étaient occupées indistinctement par les différents groupes au milieu desquels quelques uns de nos anciens professeurs .- le Fre Narecillien, le Fre Pacôme, le Fre Raynier et les Fres Raphaël et Pierre, anciens élèves.

A la petite table du milieu de la salle étaient assis huit élèves du Pensionnat qui avaient bien voulu accepter de se réunir à nous. Derrière le Président le fond de la salle était formé par la toile du Théàtre des élèves, toile due au pinceau ingénieux et habile du Fre Raynier.

Le R. P Bayonne a récité le Bénédicité puis le déjeuner a commencé. Le silence relatif qui s’est établi prouvait bien que chacun avait faim et que les premiers plats seraient vite expédiés. Peu à peu, les conversations ont recommencé plus gaies et plus bruyantes. Tous avaient besoin d’expansion et de confidences, les vétérans surtout, séparés depuis quinze ou vingt ans, que d’histoires, que d’évènements depuis que l’on ne s’était pas vu ! il fallait bien tout se dire !

Au dessert, un toast a été porté au cher Frère Pol de Léon, à nos anciens professeurs et à la prospérité du Pensionnat. Le cher Frère Pol s’est levé et nous a remercié avec émotion d’être accouru aussi nombreux à cette réunion et des vœux que nous avions exprimés pour lui et pour le pensionnat. Ensuite, il nous lu un historique de la Maison, depuis sa naissance jusqu’à ce jour , c’est avec bonheur que nous avons appris que presque tous les anciens élèves sont en bonne voie et que la génération actuelle du Pensionnat donne de légitimes et bonnes espérances.

Nous avons, avec le Frère Pol de Léon donné un regret sincère à nos chers camarades qui ne sont plus et constaté avec peine l’absence de qq. uns de nos bons amis. Une heureuse remarque a été faite par notre cher Directeur : c’est que, jusqu’ici, le Pensionnat, grâce à la bonne direction des études, a rendu à l’agriculture tous ceux que l’agriculture lui avait confié et qu’il a pu en diriger plusieurs autres en ce sens. Toutes les carrières, l’apostolat, l’enseignement, l’agriculture, l’armée, les arts, le commerce, l’industrie, l’administration comptent des anciens élèves du Pensionnat qui ont pu s’y faire remarquer. Espérons donc et souhaitons vivement que cette excellente maison continue à prospérer et à produire pour la Société des hommes utiles et des chrétiens.

Le Frère Pol a terminé en évoquant le souvenir si cher de notre bien aimé Fre Manuel ; le premier Directeur et fondateur de la Maison, enlevé trop tôt, hélas, à notre affection et à sa mission de charité. Quelle joie pour lui s’il s’était trouvé au milieu de nous dans ce beau jour. Du haut du Ciel, sans doute, il nous a entendu et il nous a béni ! Cette œuvre que le Fre Manuel avait si bien commencée et à laquelle il avait donné son cœur a été reprise et continuée par le cher Frère Namphase qui a su la développer encore et la faire prospérer, aussi, nos coeurs reconnaissants, ne l’oublions pas.

Le Frère Pol s’est assis au milieu de nous applaudissements sympathiques puis, notre Président s’est levé et dans quelques mots pleins de sentiments, s’est rendu notre interprète à tous en exprimant le culte que nous vouons au souvenir du Fre Manuel et notre reconnaissance a ses successeurs le cher Frère Namphase et le cher Frère Pol de Léon.

Il a été décidé qu’une seconde réunion aurait lieu dans les premiers jours du mois de mai 1873 et chacun de nous a promis de faire ce qui dépendrait de lui, pour qu’elle soit encore plus nombreuse que la première ; tous ont adhéré immédiatement à cette seconde réunion en s’inscrivant sur le livre à ce destiné.

Notre camarade, l’Abbé Chanson a proposé pour perpétuer le souvenir de ces réunions de fonder un prix annuel des anciens élèves qui sera donné chaque année a un élève sortant du Pensionnat et le plus méritant à tous rapports. Cette proposition a été accueillie à l’unanimité.

Nous avons entendu ensuite quelques amusantes chansons que nous ont dites nos anciens camarades Bizouard Léon et Penelle Charles, une jolie romance chantée par Përrot Eugène, un morceau de piano brillamment exécuté par Jean Migy et enfin Callegoux Xavier nous a chanté un chef d’œuvre exquis qu’on appelle « Le Lac », joyau poétique enchassé dans un cadre de mélodie qui ferait deviner les paroles à qui ne les entendrait, cette audition nous a tous émus.

Comme le jour avançait, il a été décidé que le procès-verbal de cette bonne journée serait rédigé et lu à la réunion du mois de mai. Puis, l’Abbé Chanson nous a invité à nous rendre à la Chapelle où la bénédiction allait être donnée immédiatement, Callegous Xavier et Perrot Eugène nous ont chanté « 0 Salutaris » après que, tous en chœur, nous avons entonné le « Tantum ergo » et nous avons reçu la bénédiction, Cet acte pieux a terminé la journée. Aussitôt, après, on s’est dit adieu en se donnant rendez-vous pour le mois de mai.

Vu - Le Président Herbert Le secrétaire, Francis Clairin

C’était la première réunion de l’Amicale le 12 novembre 1872 !!!!

La véritable naissance de l’amicale à été officialisée à la réunion du le 4 mai 1973

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